May 4 mai 2002

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On a commencé la journée en revirant le billot est de la 2me rangée - David n'est pas content de la façon dont le billot supérieur épouse la forme du billot inférieur. Il y a toujours un petit espace entre les deux billots, espace qui s'amoindrit en peu de temps sous l'effet du poids du billot supérieur. David a jugé que l'espace était inégal et donc ne pourrait se résorber. Frédéric l'a aidé à retourner le billot, ce qui lui a permis d'examiner minutieusement l'entaille sur toute sa longueur. David a décelé un endroit où l'entaille n'était pas suffisamment creuse: la preuve, c'est que l'isolant avait été coincé à cet endroit et des parcelles d'isolant y demeuraient encore. S'il n'y avait pas eu de frottement, l'isolant aurait dû s'enlever tout d'une pièce. David a réparé l'erreur et on a reviré le billot. Pas encore au point. On a répété l'opération. Qu'est-ce qui se passe?!?!? Sommes-nous rouillés à ce point? Enfin, David plus ou moins satisfait, on arrête de retoucher le billot: on va voir ce que le temps peut y faire.

Denise et Gaston travaillent à nettoyer la péninsule. C'est ahurissant la quantité d'ouvrage que ça implique. Un forêt, ça prend vraiment beaucoup d'entretient pour avoir l'air propre! Gaston se limite à couper les arbres morts et les arbres tombés, mais il y a plus qu'une journée d'ouvrage là. Denise met les rondins en piles et brûle les branchages. Vraiment, il faut brûler au fur et à mesure ou nous serions bientôt entourés de piles immenses de bois mort bourré de bestioles.

Le mur ouest avait été scribé en entier par Do et moi, David l'a terminé aujourd'hui. Malheureusement, en le revirant, encore un pépin: il n'épouse pas bien la forme du billot inférieur! Qu'est-ce qui se passe?!?!? On a dû l'enlever et le remettre à plusieurs reprises, en retouchant l'entaille à chaque fois, mais David n'est pas vraiment satisfait. Il va falloir que nous prenions du recul et que nous repensions à notre affaire. Je pense que David va faire le prochain billot tout seul, afin d'essayer de troubleshooter la technique. En attendant, Do, Frédéric et moi travaillerons à construire la table à pic-nic, ça va nous permettre d'apprendre les techniques de construction sur un projet moins critique et plus rapidement complété.Retour

May 5 mai 2002

David a essayé d'identifier les sources possible d'erreur qui auraient pu être responsables du mauvais ajustement du billot. Nous allons commencer par explorer la possibilité qu'un seul ouvrier doit scriber un billot en entier. Au cours, David se souvient que deux personnes ne se partageaient jamais un billot. Logiquement, il ne devrait pas y avoir de problèmes à se partager un billot: le scriber est exact, ou bien il ne l'est pas. S'il est exact pour une personne il le sera pour une autre, si ces deux personnes s'efforcent également d'utiliser l'outil efficacement. De toutes façons, David va faire le mur sud-ouest de 8' tout seul. Notre première tâche est de choisir un billot pour ce mur. Le billot #39 avait été mis de côté pour cela, mais on s'est rendu compte que le coeur du billot est vide sur presque toute sa longueur. Nous l'avons donc remplacé par le billot #11. Le billot #39 nous servira, à Do, Frédéric et moi, de billot de pratique.

Le billot #8 servira de base pour la table à picnic. C'est un billot d'une quinzaine de pieds de longueur qui possède une courbe qui serait difficile à accommoder si nous en faisions un mur de maison. Frédéric nous a coupé 4 morceaux de 18" de long, ayant tous un diamètre d'environ 12". Ces morceaux formeront les pattes de table. Mais avant de travailler sur ces morceaux, il faut que nous apprenions à faire des selles sur des morceaux de rebut. C'est une technique très difficile et que je juge dangereuse, surtout pour une personne de ma force. Cette technique se résume à l'équarissage du billot sur une longueur de 34" seulement et sur deux surfaces seulement, dans le sens su grain. La lame de la scie doit entrer très graduellement et de façon contrôlée dans le billot, sur une distance de 8". L'angle d'attaque augmente avec la distance: à 8" de l'extrémité de la selle, la lame se retrouve à une distance mesurée de la surface du billot, d'habitude de l'ordre de 1" de creux. Ensuite, la lame doit être tordue afin de commencer à couper une surface plane, sur une longueur de 18". En troisième lieu, la lame est encore tordue pour sortir du billot, sur une distance de 8" encore. Ces manipulations sont très difficiles: il faut couper entre les lignes dessinées, en tenant compte de la largeur de coupe de la chaine; il faut couper plat; la scie est pesante et on la tient à bout de bras; enfin, il ne faut pas y laisser sa peau! David dit que c'est la technique la plus difficile. Je ne le lui fais pas dire! Je m'éreinte à apprendre cette technique difficile et il me semble que la chaine n'entame presque pas le billot. En travaillant à bout de bras et en compensant pour le poids de la chaine, il me reste très peu de force pour tirer la scie vers moi tout en maintenant mes angles. Pour tout dire, mes premières coupes sont tout à fait moches. On verra un autre jour. Frédéric s'est essayé également, mais la grosse scie à chaine coupe croche, on ne sait pas encore pourquoi.Retour

May 9 mai 2002

J'ai reçu une réponse à mon courriel au Cousin Gilles. Il viendra dans la région dans quelques semaines! En attendant, il nous a dit que Denise peut commencer des démarches sérieuses pour ré-examiner la possibilité d'une installation hydro-électrique. Lorsque nous avions communiqué avec Hydro-Québec il y a deux ans, ils avaient estimé que l'installation nous coûterait entre $80,000 et $100,000 et ensuite, il y a des factures mensuelles bien sûr. C'est la raison pour laquelle nous avons opté pour l'éolienne, moins coûteuse et sans factures mensuelles. Denise a proposé de faire des appels et de rencontrer des gens en personne, afin de voir s'il n'y a pas possibilité de diminuer la facture. Retour

May 10 mai 2002

Il vente, il vente, et il fait 10 degrés! C'est un peu froid pour travailler mais le soleil brille. Dominic est venu nous donner un coup de main. Il a conduit sa moto, mais avec ce froid et ce vent il a sagement choisi de me demander de le reconduire en ville, quitte à laisser sa moto dans notre grange. La porte de la grange n'est pas assez large/haute pour que nous puissions y entrer la camionnette. Ca c'est un peu plate, surtout l'hiver.... il y a donc suffisamment de place pour la moto. David a terminé le dernier billot de la rangée 2a, billot auquel il est le seul à avoir travaillé. Le premier billot auquel je n'ai pas touché. Le résultat? Ben, il n'est pas vraiment satisfait, il faut qu'il repense à son affaire. Pendant qu'il travaillait à la maison, Do et moi faisions l'apprentissage d'une nouvelle technique: faire les selles. C'est dur, pas mal dur. Et nous n'apprenons qu'une partie de la technique! Nous pratiquons sur des bouts de billots cylindriques d'environ 18" de long. Nous avons divisé l'extrémité en quadrants, puis nous avons étendu ces lignes sur toute la longueur du cylindre. En suivant ces lignes, nous devrions obtenir quatre surfaces planes. Mais suivre ces lignes avec une scie à chaîne, c'est pas mal plus dur qu'on penserait....Do et moi nous exténuons à la tâche; lorsque nous décidons d'arrêter nos essais pour aujourd'hui, il me semble que mon dernier essai n'est pas meilleur que mon premier essai! Quelque chose de blanc tombe du ciel, périodiquement: grêle ou neige? Hmmm, pas certaine....Retour

May 11 mai 2002

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Il est temps de mettre une nouvelle rangée de billots sur le maison. Nous aurions dû y penser hier, quand Dominic était des nôtres. C'est une job pesante que je lui aurais laissée avec joie. David avait mesuré la hauteur actuelle du mur et avait calculé la grosseur minimum des billots requis pour cette rangée 2b. Un par un, nous avons sorti les billots choisis des tas, nous les avons ramassés avec la grue, nous les avons mis à leur place. Ouf! De la grosse ouvrage! Et il fait un froid de canard... Sur la fin de la journée, des grêlons la grosseur de petits pois nous ont tombé dessus. Il pouvait bien faire froid!

En partant du Boisé, nous nous sommes arrêtés à deux reprises. D'abord, dans le milieu du chemin, il y avait une partie de l'ossature d'un chevreuil. Pour le fun de rire, nous avons pris une photo. Combien de gens de notre connaissance pourraient voir quelque chose comme ça sur la rue où ils habitent? C'est peut-être le chien du voisin qui a trouvé une pièce de chevreuil dans le bois et l'a apporté plus près de son gîte. Les voisins ont un gros Berger Allemand qui n'a pas froid aux yeux et qui semble à moitié sauvage. Un peu plus loin sur la route, un nouvel arrêt. Nous voyions 5-6 gros oiseaux qui décrivaient des cercles dans le ciel. Nous avons sorti la lunette d'approche de David et nous en sommes venus à la conclusion que c'étaient des vautours, des "turkey vultures". Les anciens propriétaires affirmaient en avoir vu souvent au Boisé. David a trouvé des tas d'ordures dans le bois, probablement laissés là par un chasseur désireux de s'attirer un ours. Les vautours se sont approchés, deux ou trois d'entre eux ont circulé au-dessus de nos têtes. J'ai pris une photo, mais elle n'est aps très claire. Retour

May 16 mai 2002

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Une dame au bureau avait des peintures à l'huile à vendre, David et moi en avons choisi deux. C'est son père qui les a peintes; il est décédé maintenant et elle vend une partie de ses oeuvres. David et moi ne pouvions nous mettre d'accord pour une seule peinture: il préférait "Branch Women", moi je préférait "The Bedroom". Une seule des deux peintures était signée par l'artiste mais sa fille a signé l'autre. Elle nous a laissé une vidéocassette contenant une entrevue avec son père sur l'émission Regional Contact.

La mère de David est arrivée cet après-midi de Souris IPE, pour visiter sa soeur malade qui habite à Ottawa. Nous avons soupé chez Marian avec Connie, Foch, Gussie et Barb. Nous nous sommes bien amusés. Ils doivent tous venir au Boisé samedi pour dîner, s'il ne pleut pas. Marian est grand amateur de plantes et c'est justement la saison des trilliums.Retour

May 17 mai 2002

David doit aller travailler aujourd'hui, alors je profite de ma journée de congé pour préparer des salades, desserts, etc pour ma visite de demain. Rien de trop recherché: la parenté de David préfère des plats "pas compliqués". Nous servirons des hot dogs et hamburgers, avec des pains à l'ail; une salade de pâtes et une salade verte; des chips; une salade de fruits et un gâteau au dessert. J'ai prévu des guimauves aussi, parce que c'est l'fun de griller des guimauves sur la braise! Ma salade de pâtes est une recette ordinaire prise sur l'Internet; c'est Gaston qui fait une superbe salade au macaroni grâce à sa mayonnaise maison, mais il nous cache encore sa recette!

Au retour du bureau, David est allé chercher Connie chez sa soeur. Elle doit passer la soirée chez nous et elle retournera en ville avec Foch, après dîner demain. J'avais préparé un rôti de boeuf sur le poêle (une de nos recettes-triomphe), qu'elle a beaucoup apprécié et a vanté de quelques mots gentils. Un poète a dit: "Recevoir quelqu'un à dîner c'est se préoccuper, pendant une heure, de son bonheur". Peut-être. Mais ça fait drôlement plaisir à la cuisinière de voir ses efforts appréciés!Retour

May 18 mai 2002

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De peine et de misère, j'ai réussi à taire les chiens jusqu'à...7:00 ce matin. J'aurais voulu qu'ils restent tranquille plus longtemps, mais que faire? Dès qu'ils ont commencé leurs jappements plaintifs, rien à faire, faut se lever. Connie dormait sur le sofa et les trois chiens se seraient chargés avec plaisir de la réveiller d'un bon reniflement au visage et d'un petit coup de langue. Donc, on s'est levés, on a déjeuné et nous avons pris le chemin du boisé. J'ai prêté des vêtements chauds à Connie, parce que vraiment, il faisait froid! Connie et moi avons commencé un bon feu de camp pour que nos invités soient bien au chaud à leur arrivé, Marian et Foch étant particulièrement fragiles en ce moment. Nous avons pris le tracteur pour aller chercher quelques souches, de quoi alimenter le feu pendant plusieurs heures. Il tombait quelque chose du ciel: j'hésite à dire que c'était de la neige, mais vraiment, ça y ressemblait...Frédéric est venu nous rejoindre. Vers midi, David est allé appeler notre visite. Il leur avait fourni des instructions détaillées et avait promis de les appeler à midi juste sur leur cellulaire, au cas où il y aurait un problème. Il est revenu bredouille: ils ont décommandé, il paraît qu'ils se sont mis en route mais ont eu peur de se perdre en chemin et de ne trouver personne parlant anglais à qui demander leur chemin. Donc, nous nous sommes attablés sans eux. Après dîner, Frédéric et moi avons continué à ramasser des vieilles souches. Nous avons appris à nos dépens que mon tracteur fonctionne mieux sur un terrain plat... Nous avons grimpé une petite dénivellation près du chemin pour aller chercher une souche, l'essence s'est accumulée à un bout de réservoir et paf! le tracteur arrête. Nous avons regardé furtivement à droite et à gauche: pas de David. Il devait être près de la maison avec sa mère. Nous avions donc le temps de corriger l'erreur sans qu'il ne s'en rendre compte! Frédéric a attaché un treuil de 2 tonnes à l'arrière du tracteur et à un arbre, mais il n'y avait pas d'arbres en ligne directe, donc c'était assez difficile (ahem: et j'avais le pied sur le frein, mais ça je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite....). Si nous avions une chaîne, nous pourrions nous amarrer à un arbre qui est en ligne directe - Frédéric s'est résigné à devoir faire face à David, car la chaîne se trouve près de la grue. Il est parti à pied. Pendant ce temps, j'ai ramassé des branches, des bûches, et tout à coup je me retrouve nez à nez avec David! Il était parti chercher des plantes avec sa mère dans le bois et il revenait par le chemin! Merde! J'ai eu droit au Look quand j'ai expliqué ce que nous faisions à "son" tracteur, mais je l'ai convaincu de nous laisser faire: on se débrouillerait bien tout seuls. Frédéric est revenu au pas de course et on s'est sorti de ce pétrin (ahem: c'est pas mal plus facile quand personne n's le pied sur le frein). David et Connie ont déterré un plant de trillum pour Marian, que Connie lui a apporté ce soir-là. Retour

May 19 mai 2002

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Gaston, Denise et Frédéric sont venus nous aider aujourd'hui: nous aider à travailler et nous aider à manger la bouffe préparé pour nos invités absents d'hier! Il faisait froid et nous portions tous plusieurs épaisseurs de vêtements. Denise a construit un feu où il faisait bon se réchauffer. Tant qu'on travaillait dur, ça allait; mais dès qu'on prenait une pause, la sueur se glaçait dans notre dos et on frissonnait. Frédéric et David ont mis au niveau les cinq billots que nous avons placés sur la maison la fin de semaine dernière. Gaston et Denise ont commencé la construction d'un escalier das le pente qui mène à la petite péninsule. Cette pente est abrupte à plusieurs endroits et elle est toujours couverte d'aiguilles de pin, ce qui la rend glissante. Gaston a construit ça "à la paysanne". La partie vertical de la marche se compose d'une billot de cèdre accoté sur deux pieux de cèdre; la partie horizontale de la marche est tout simplement creusée à même le sol. Quelque fois, il a dû innover parce que le sol est rocheux; néanmoins, nous sommes enchantés du résultat. David a dit que maintenant que Gaston a montré ses talents en ce sens, il y a plusieurs endroits où ce serait le fun d'avoir des marches; il attend juste que Gaston s'offre! J'ai pratiqué les selles encore. Après avoir presque désespéré de réussir, j'ai repris courage. Une scie affûtée, ça coupe pas mal mieux qu'une scie pas affûtée et la dernière fois elle était pas mal moche, la chaîne. Ma technique est encore loin d'être au point, mais j'espère réussir...un jour!

Avant de dîner, nous sommes allés voir la future demeure de Frédéric. Denise l'avait déjà vue et elle a offert de rester au Boisé pour guetter le feu. Le propriétaire actuel, Alain, nous a promenés sur une bonne partie de la propriété. Le terrain est une ancienne ferme où le bois reprend le dessus. Alain, suivant les directions d'une conseiller en foresterie, plantait et coupait des arbres selon leurs indications. Le terrain comprend des sentiers superbes, larges, dérochés, bien découpés. Il y a deux ruisseaux à truite, un étang à canards, des lièvres dans le bois, des pommiers pour les chevreuils. C'est un beau domaine qui donne sur le parc de la Gatineau, ce qui promet pour les randonnées à cheval. C'est moins sauvage qu'au Boisé. Comme c'est souvent le cas dans les forêts aménagées, il y a peu de sous-bois, de broussaille. Ca fait plus propre mais ça fait moins sauvage, aussi. Alain peut se promener partout en ski-doo ou en tracteur pour aller chercher les arbres qu'il coupe; au Boisé, il y a nombre d'endroits où il ne serait pas possible de passer même en VTT! Ca risque d'être malcommode à un moment donné, mais voilà. Il faisait un froid de canard, entre 4 et 8 degrés Celsius et il nous a même neigé dessus...

Une note à part: c'est la fin des X-Files aujourd'hui. Dans un sens c'est dommage: cette émission était souvent tellement imaginative, tellement farfelue, tellement stimulante! Mais au cours de la dernière année, les meilleurs écrivains se sont retirés et je n'écoutais plus l'émission que par habitude. J'espérais à chaque semaine que l'émission serait à la hauteur des X-Files classiques, comme l'émission Post-Modern Prometheus avec le sosie de Cher ou l'émission sur les vampires qui vivaient dans un terrain de caravaning, mes deux préférées. Pas de chance. Ca s'est terminé bizarrement, mais pas "bizarre=à faire songer", juste bizarre.Retour

May 20 mai 2002

David a rencontré de nouveaux voisins. Ils ont acheté la propriété qui forme notre frontière est, la propriété qui est (était?) en litige avec les anciens propriétaires du Boisé. Ils ont parlé hydro-électricité - il semblerait qu'ils sont intéressés à faire passer la ligne.Retour

May 24 mai 2002

Toute la semaine, hier, hier soir à 22:00, il nous annonçaient de la pluie toute la nuit et toute la matinée. Je me lève ce matin: pas une goutte n'a tombée cette nuit et ils n'en annoncent pas une goutte pour aujourd'hui! Je me demande si ce sont les météorologues les plus doués qui prédisent la météo? Parce que si les plus doués n'ont raison que 40% du temps, ça doit pas être brillant chez les poches...Nous allons voir Les aujourd'hui, le fermier qui nous fournit en bois. Les arrive au bout de son stock: il doit maintenant chercher loin et fort pour nous trouver des billots. Heureusement que nous n'avons plus besoin de beaucoup de billots de 40': des 30' et des 20' suffisent. Les a suggéré à David de commencer à mettre la machine en marche pour la livraison.

Un point intéressant, quoique un peu à part: Les est sourcier. Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme, je m'explique. D'abord, en anglais un sourcier s'appelle un "dowser" ou un "water diviner". Le sourcier utilise un outil (un branche fourchue, des baguettes de cuivre, un pendule à-la-Professeur-Tournesol) pour prédire où trouver de l'eau. Certains sourciers, dont Les, peuvent même prédire en trois dimensions (c'est à dire où sur le sol et comment creux). Il a dit à David qu'il a prédit l'emplacement de 80 puits et qu'il ne s'est pas encore trompé. Je dois avouer que je trouve peu probable qu'une baguette de bois aide à trouver un puits. Je suis beaucoup plus prête à croire que le sourcier a une connaissance accrue et peut-être inconsciente de la végétation et de l'état des sols et qu'il se base sur cela pour prédire où se trouve la nappe d'eau. Les a certainement démontré à maintes reprises une harmonie avec la nature, il est difficile de décrire à quel point il semble confortable dans le bois, marchant d'un long pas souple et régulier, identifiant de part et d'autres les arbres et leurs propriétés, leurs floraisons, les animaux qu'ils attirent. Les a un esprit curieux et aventureux, intelligent. Il a tiré profit de ses expériences. Je me souviendrai toujours avec admiration de la journée où nous avons trouvé Les attablé devant un livre de mathématiques de secondaire 2. Les n'a jamais appris ces maths lui-même: on n'enseignait même pas les fractions, dans le temps. Son fils, frustré, lui avait annoncé que c'était trop dur, qu'il ne comprenait rien, qu'il abandonnait. Alors Les s'est mis en devoir de lire le livre de maths, pour pouvoir les enseigner à son jeune.

Nous avons reçu une lettre de la police, nous indiquant que la personne qui nous a volé l'an passé a été condamnée. Retour

May 25 mai 2002

Une journée de repos: la vente de garage annuelle du Glebe! Frédéric et moi avons convaincu Denise de nous accompagner, malgré son poignet bandé à cause de son opération récente. C'est une journée glorieuse, le soleil brille, le ciel est bleu, on se trouve un stationnement facilement et on se promène avec trois épaisseurs de linge sur le dos. Eh oui, il fait FROID. Au lever, la radio annonce zéro. Ca s'peut-tu. Mais en marchant vite, ça va. On est retourné dîner à la maison et Denise et moi avons échangé Frédéric pour Roxane. Nous avons fait quelques ventes de garage, en terminant par une vente à Cantley chez un monsieur Louis qui doit vendre sa ferme. Nous y avons trouvé un vieux banc de scie, un cant hook, des éperons pour grimper après les poteaux de téléphone... Monsieur Louis collectionne les carrioles, il avait deux cutters bourrés de peaux d'ours, des charrettes de style "petite maison dans la prairie", des carosses pour la sortie du dimanche, c'était comme aller au musée. Une vieille charrue rouillée a attiré mon attention, la sorte de charrue à laquelle on attache deux chevaux ou deux boeufs ("J'ai deux grands boeufs dans mon étable, deux grands boeufs blancs tachés de brun; j'aimerais mieux voir mourir ma femme que de voir mourir mes deux grands boeufs", mon père nous chantait ça quand j'étais petite). Je me disais que ça ferait une décoration intéressante, en même temps qu'une antiquité. Malheureusement, le prix était plus que je ne voudrais payer pour une décoration. Je lui ai dit de m'appeler s'il décidait de me vendre la charrue avec quelques autres pièces anciennes, pour le même prix. La vente se poursuit demain, je n'ai pas grand espoir. Retour

May 26 mai 2002

Un voisin est venu nous rendre visite pendant que nous travaillions. Michel habite 2 ou 3 terrains plus loin, vers le Lac-Des-Loups. Il porte le même nom de famille que le nom de notre rue; il dit qu'il y a plusieurs famille avec ce même nom, sur cette rue, mais il ne sait pas si c'est à cause d'eux que la rue s'appelle comme ça. Un copain lui avait parlé de la maison en construction qu'il avait aperçue des airs, en passant en avion privé. Michel s'est décidé à venir nous jaser une couple d'heures. Michel avait songé, un temps, à faire une petite construction en bois rond. Il s'est intéressé à toutes les techniques et nous a donné un petit coup de main. Malheureusement, je pense que nous lui avons enlevé le goût de construire à son tour. Il nous a plusieurs fois "enlevé son chapeau" devant l'ampleur de notre tâche!

Michel nous a raconté un peu d'histoire locale. Il était le plus jeune de la famille et il a grandit au Lac-Des-Loups. L'école était éloignée: ses frères ainés attelaient un chien à une petite carriole et aidaient le chien à tirer Michel. Michel disait que notre terrain, avec plusieurs autres terrains voisinant, appartenaient à un homme. Dans le temps de la seconde guerre mondiale, il aurait divisé ses terres pour en donner à chacun de ses fils, afin de leur permettre d'éviter la conscription. La première vague de conscription ne s'appliquait pas, semble-t-il, aux fermiers. Les fils du propriétaire se seraient acheté un vache et un cochon et auraient planté un acre ou deux, juste assez pour s'appeler des fermiers. La prochaine vague ne s'appliquait pas aux fermiers mariés avec des enfants. Michel disait que les gens se mariaient à tort et à travers, pour éviter de faire la guerre. Ce serait intéressant de retracer ces faits moi-même, un jour. Avant de partir, il m'a mis (un peu...) la mort dans l'âme en me parlant d'antiquités comme cette charrue que j'ai vue à la vente de garage. Il paraît que, périodiquement, des marchands de Québec viennent dans la région offrir d'acheter toutes les antiquités de ce genre. Bon, perdue ma charrue...

David a eu l'occasion de bien apprécier la tâche ingrate que représente l'ablation du cambium sec. Il n'y a rien comme faire une tâche soi-même! Il me trouvait chiâleuse; plus maintenant!!!Retour

May 27 mai 2002

Denise s'est présentée aux bureaux d'Hydro-Québec aujourd'hui pour commencer les démarches pour notre installation électrique. Surprise! Il n'y a plus de service au client! En effet, les gens doivent téléphoner pour avoir du service, le service en personne n'est plus. Un jour, allons-nous expliquer à la nouvelle génération que de notre temps, on se faisait servir par des êtres humains?!? Dans le fond, c'est un peu comique: Denise s'est retrouvée dans le vestibule des bureaux d'Hydro, conversant avec un employé via le téléphone. Mais elle a eu de la chance dans sa malchance. Un employé d'Hydro qui passait a signalé pour elle et lui a trouvé une bonne personne-ressource rapidement. Le résultat de ses démarches, c'est qu'Hydro va nous envoyer un représentant pour préparer une estimé des coûts de l'installation. En attendant, nous devons nous engager un électricien qui leur servira de personne-ressource.

Une autre bonne nouvelle: le monsieur de la vente de garage m'a appelée pour me dire que la charrue m'attendait! Il m'avait gardé la charrue, un collier de trait, une faux, une scie à deux hommes (comment on appelle ça?), une pince à foin, et un truc dont je ne connais pas le nom. Tout du "vieux authentique", ayant servi pour de vrai, la charrue encore en état de servir paraît-il. J'étais pas mal contente. David a ri de moi. Rira bien qui rira dernier! C'est QUI qui a examiné des centaines de photos d'aménagement intérieur des maisons en bois rond?

David a fait l'achat d'une fendeuse à bois qui serait alimentée en énergie par notre tracteur. Le gars qui lui a vendu la machine s'en est acheté une nouvelle, qui utilise l'engrenage de sa pépine: pas mal plus de jus! En fait, ce monsieur-là ne chauffe plus au bois. Tous les ans, il se coupait trente cordes de bois pour passer l'hiver (me semble que c'est beaucoup!!!), mais il s'est rendu compte que ça lui couterait $1300 pour se chauffer à l'électricité et il peut vendre ses 30 cordes à $75 la corde, un profit net de près de $1000 par an! Pendant que David allait chercher la fendeuse à Rupert, je suis allée jaser Claude. Le toit coule toujours, mon micro-ondes est souvent rempli d'eau et le plancher détrempé. Il va envoyer quelqu'un s'occuper de ça. Je lui ai parlé de mes achats à la vente de garage. En lui décrivant ma faux, il m'a fait remarquer que ce n'était peut-être pas un faux à foin, mais un bra-chouk' (accent sur la seconde syllabe). J'étais un peu...éberluée; quelle langue parlait-il?!? Bra-chouk? C'était peut-être un terme Inuit, mais non, les Inuits ne se servent pas de trucs pareils...Un terme indien alors? Je lui ai demandé de l'épeler, mais il ne savait pas comment on épelle ça. En lui demandant de le décrire, j'ai compris. Au lieu de couper du foin et des herbages, cet outil servait à couper des groseillers, des framboisiers et autres petits arbustes. Ca servait à couper ce qu'one appelle "brush" en anglais - c'était un Brush Hook! Il m'avait bien eue, mais il m'a eu encore. Je lui décrivais le crochet à foin et il s'est exclamé qu'il en avait vu un en action, une fois. Il m'a décrit comment le foin arrivait dans la grange sur une... un... t'sais tiré par des chevaux.... un ... "une charrette? une carriole? un carosse? " je lui offrais tous les synonymes qui me venaient à l'esprit. Enfin, il s'exclame: "Sur une oua-guine!"Retour

May 29 mai 2002

Nous avons rencontré l'électricien recommandé par Claude, celui qui doit nous servir de personne-ressource avec Hydro-Québec. En voyant arriver son camion, j'ai ri de moi-même encore une fois. Claude m'avait donné le numéro de son électricien en m'indiquant son nom: "H.B.". J'espérais qu'il me fournirait son nom de famille, mais il ne m'a rien dit de plus. J'avais donc noté ces initiales et le numéro. La camionnette arrive et sur le côté, en grosses lettres: "Ashby Electrique". HB, ashby, hash-bé, même chose! Claude m'a encore eue! Chose intéressante, c'est lui qui avait remarqué notre maison en avion et en avait glissé mot au voisin Michel. David et l'électricien ne parlent pas le même langage. L'électricien insistait que l'installation ne peut se faire que d'une seule façon: en perçant des trous verticaux à travers le premier billot et se rendant au sous-sol, puis en encastrant les boîtes électriques dans le premier billot. David lui a indiqué fermement (!?!!?) qu'il n'était pas question de faire des trous de ce cette ampleur dans les billots. Je me demandais comment on peut rajouter des prises plus tard? J'ai examiné plusieurs revues de décoration de maisons en bois rond et j'y ai vu plusieurs options, pourtant. Par exemple, les prises électriques étaient dans le plancher. Ou encore, les fils étaient acheminés le long du mur, au plancher, et cachés derrière une plinthe décorative. J'ai mentionné ces options à l'électricien. Il m'a semblé dire que non, ça ne pouvait pas marcher comme ça, puis lorsque David le pressait il disait qu'oui, bon, peut-être, mais ça va coûter cher! David l'a sommé de ne pas s'inquiéter des coûts, ça c'est notre problème; mais on n'a pas pu lui faire comprendre que nous désirions nous faire indiquer toutes les options, pas juste la moins chère. Ca n'a pas été tellement productif.Retour