November 1 novembre 2002
Il neige aujourd'hui - nous sommes gâtés cette année! Un souper de famille nous a réunis à l'Orée du Bois pour célébrer la graduation de Gaston. Nous étions neuf à table, Ulrich étant de la partie bien sûr: neuf, et nous nous entendons tous à merveille! Comme c'est l'fun une famille unie. On se disputait Ulrich, mais vraiment me semble que Gaston revenait plus souvent qu'à son tour.... Gaston adore le petit bonhomme. Je demandais à Denise si Gaston avait été aussi enthousiasmé par ses propres enfants. Elle m'a dit qu'oui. Comme pour étayer cette affirmation, Dominic nous a rappelé que Gaston venait nous dire bonsoir dans notre lit et nous répétait une petite litanie de sobriquets affectueux, ponctuée de baisers: "Mon chéri, mon amour, mon adoré, mon bébé, mon minou, mon pitou, mon chou, mon lapin, mon coco, mon ange. Ferme tes beaux yeux. Fais de beaux rêves." Me semble qu'un tout petit dont l'enfance a été ainsi bercée doit commencer son adolescence du bon pied. Retour
November 2 novembre 2002
La chasse au chevreuil (au fusil....) ouvre aujourd'hui. Il fait -10 au réveil et le thermomètre n'a certainement pas dépassé le zéro de la journée. BRRRR! David avait passé la nuit au boisé de façon à commencer sa chasse très tôt. La roulotte a dû être gelée tight à son arrivée hier!!! J'ai passé la journée à calquer un billot, puis la moitié d'un second. David devait centrer les deux autres billots de cette rangée mais après réflexion il s'est vu obligé de conclure qu'un des billots que nous avons monté sur la maison ne fera pas l'affaire. Son petit bout mesure onze pouces de diamètre; hors, la selle du billot inférieur mesure près de 11" de haut, ce qui signifie que nous devrions presque bissecter notre billot. Bien sûr, ce n'est pas une option. David va y réfléchir un peu plus.
Bernard a appelé ce soir. Il se demandait si David avait tiré un chevreuil, car il pensait avoir entendu des coups de feu dans la direction du vieux jardin. Moi aussi je les avais entendus et je pensais que c'était Bernard qui tirait! L'écho est parfois trompeur, le coup a dû venir de plus loin. Bernard n'avait vu qu'une seule trace de chevreuil, mais en revanche il avait dû arrêter sa voiture à plusieurs reprises pour ouincher des femelles qui le regardaient passer... L'épouse et la fille de Bernard ont tous deux des permis pour un chevreuil "sans cornes" mais tous trois sont d'accord que ces femelles-là auront la vie sauve.
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November 3 novembre 2002
Entendu quelques pas am; Frederic attaqué par deux femelles pm. One log almost ready to flip. Retour
November 4 novembre 2002
J'ai laissé David au Boisé hier soir avec l'entente que je retournerais le chercher à 17:30 ce soir. Comme ça, il peut passer quelques heures à la maison, ostensiblement pour "faire du ménage, aider avec les chiens, prendre une douche et être avec toi", mais en réalité pour vérifier le courriel! (ahem...) Enfin, je devais donc me rendre au Boisé en fin de journée et j'espérais bien que la petite neige prévue pour la fin de la journée attendrait après souper. Nous n'avons pas encore fait mettre des pneus d'hiver et nos pneus de l'an passé sont nettement insuffisants (voir 26 octobre...). C'est avec consternation que j'ai vu que les flocons tombaient déjà à mon réveil! J'ai regardé la neige tomber quelques heures, de plus en plus inquiète - comment allais-je me rendre?!?!? Enfin, vers 10:00, je suis partie pour le Boisé. Il neigeait et ça devait se changer en pluie: donc David ne travaillerait pas à la construction. Peut-être qu'il préférerait revenir à la maison tout de suite, ce qui m'éviterait une course plus tard dans une neige plus épaisse. Il était aussi possible qu'il ait décidé de passer la journée à courir les bois... J'ai pris une chance. Lorsque je suis arrivée au Boisé, David n'y était pas. Il n'y avait pas de traces fraîches dans les 2 cm de neige accumulée. J'ai descendu vers le lac et j'ai appelé, au cas où il ne serait pas loin. J'ai laissé une note et je suis repartie vers East-Aldfield mais rendue en haut de la côte qui descend vers le Lac à Yetts, le courage m'a manqué. J'ai fait demi-tour et suis retournée par le Lac Des Loups. Les routes n'étaient pas déblayées et ça m'a pris une heure!!! J'étais vidée. Vraiment, un 2X4 avec des pneus usés est nettement insuffisant à cette tâche.
En après midi, j'ai rappelé la ville pour voir pourquoi la montée n'était pas déblayée. J'ai dû répéter mon histoire et renégocier l'ouverture du chemin. Ils ont été très accommodants, mais voilà: moi, je devais retourner au Boisé en après-midi et la route n'est pas déblayée! J'espère que ce sera mieux à la prochaine bordée de neige.
J'ai fait mes plans. J'ai embarqué les 4 chiens dans la camion une heure et demi avant l'heure prévue avec David (au cas où j'aurais à passer par le Lac Des Loups) , question de me donner le plus de poids possible. J'ai déniché une pelle et un pot plein de terre noire, pot où j'avais planté des fleurs maintenant mortes et dont la terre devait maintenant servir à me sortir d'embarras si je restais pris. J'ai aussi fait de la recherche sur l'Internet par rapport aux radios de bande publique ("C.B.") - vraiment, c'est achalant à mort d'avoir à m'inquiéter à chaque fois que David est seul au Boisé. Un accident est vite arrivé... De plus, il est possible que nous devrons avoir recours à un poste CB comme téléphone, donc l'équipement ne serait pas perdu. En tout cas, ça m'a donné l'impression de faire quelque chose pour éviter de me retrouver dans la même situation plus tard!!!
La route était déblayée jusque chez "Monsieur Groulx" selon la ville, donc un peu plus loin que le dernier poteau électrique. Plus loin, il y avait près de 8 cm de neige sur la route, foulée par une ou deux pistes de voiture. J'ai serré les dents.
Soudain, une sueur froide: j'ai oublié la batterie du tracteur! Si je reste pris, nous ne pourrons pas avoir recours au tracteur comme la dernière fois!!! Merde! Ma décision a été prise rapidement. Arrivée en haut de la côte qui descend vers le Lac à Yetts, j'ai stationné. Tant pis. Je marcherais jusqu'au Boisé (un km environ), je laisserais une note pour David et je reviendrais l'attendre dans la voiture - tant pis s'il me trouvait peureuse! C'est là que j'ai remarqué mon second oubli: la lampe de poche. Le ciel nuageux devenait déjà de plus en plus sombre, la nuit commençait à tomber. Tant pis, je pars avec Murphy: les chiens, ça voit mieux que nous dans le noir.
J'ai eu de la chance dans ma malchance: David m'attendait déjà à la roulotte. Il était inquiet, me sachant sur les routes. Cette aventure nous a bien décidés: demain, les pneus d'hiver sont notre priorité. Denise est allée les acheter ce soir, il restera seulement à les faire installer.Retour
November 5 novembre 2002
C'est plus difficile qu'on croirait, faire installer des pneus d'hiver.... Denise nous l'avait bien dit: à ce temps-ci de l'année, ça prend un rendez-vous! David ne voulait pas attendre une journée de plus, étant donné qu'une tempête de verglas est prévue pour demain. Nous nous sommes rendus chez Denise pour aller chercher les pneus et pendant qu'il faisait quelques commissions, j'ai fait des appels. Huit appels = aucun rendez-vous. C'est "booké tight" partout. Il y a des rendez-vous la semaine prochaine, par exemple! En désespoir de cause, nous sommes arrêtés à Masham, au garage où nous avons acheté notre tracteur dans le temps. Bingo! Ils ont offert à David un rendez-vous en fin d'après midi. David est à peu près heureux. Ce sera fait aujourd'hui, mais malheureusement pas assez tôt pour qu'il puisse aller chasser ce soir. Et il neige encore!
Il y a une semaine environ, Alain nous avait parlé d'un gars non-loin qui vend des motoneiges usagées. Il ne vend que des vieilles motoneiges, celles qui n'ont pas d'électronique et de gadgets divers. Ca faisait notre affaire: nous cherchions du beau, bon, pas cher qui pourra nous aider à travailler dans le bois cet hiver! Nous avions aperçu les motos de la route, mais vraiment j'hésitais à aller cogner à la porte... Alors j'ai demandé des précisions au magasin général et comme de fait, quelqu'un connaissait son nom et j'ai obtenu son numéro de téléphone. Nous sommes donc allés acheter une motoneige! Stéphane en avait 11 à vendre. Je lui ai expliqué l'utilisation que nous comptions en faire, il nous a recommandé une Olympique, 1 cylindre, 20 chevaux-vapeur, circa 1971, $650. ... Le moteur et le carburateur sont neufs, la "track" et le siège aussi. J'en reviens pas: je possède une moto-neige.Retour
November 6 novembre 2002
Il neige encore - mais qu'est-ce qui se passe?!?!?Retour
November 7 novembre 2002
Il a encore neigé... en temps normal, je ne grogne pas quand il neige, mais cette année j'aurais vraiment aimé que la neige attende à la mi-décembre pour tomber!!! Nous n'avons pas pu poser un seul billot depuis le 25 octobre, qu'est-ce que ça va faire à notre moyenne! Mais voilà, le désir de nous rendre à 50% cette année n'est que ça, un désir, nous n;y sommes pas obligés. On ne va pas se stresser pour ça.
David avait rendez-vous aujourd'hui avec Peter, le consultant en énergie alternative. Ils sont allés voir une éolienne usagée qui est à vendre à Perth. Un gars qui était en procédures de divorce s'est vu obligé de vendre son système à moitié prix à Peter, qui l'a ensuite revendu morceau par morceau. Il en reste deux éoliennes et Peter pensait que la plus grosse des deux pourrait nous être utile. L'éolienne est de fabrication Jacobs, un modèle de 2.4 kW. Je n'ai pas pu trouver d'informations sur l'Internet au sujet de ces éoliennes-là. La compagnie Jacobs fabrique des éoliennes depuis 75 ans et leurs éoliennes sont considérées les "Cadillacs" de l'industrie. La compagnie s'est spécialisée dans la fabrication d'éoliennes de 10 kW et plus, il y a une vingtaine d'années. Notre éolienne (je dis "notre" car David l'a effectivement achetée) est, comme notre motoneige, issue d'un temps avant l'électronique et les solutions compliquées aux problèmes faciles. Le livre d'instructions ne comprend que 30 pages de texte et dessins, dont certains sont dessinés à la main! Peter dit que c'est un peu comme acheter une voiture de 1950 - tout se répare, avec des outils ordinaires, et la construction est "built tough; built to last". On va voir ça. La Compagnie Lake Michigan Wind and Sun de Wisconsin vend toujours de pièces de rechange pour cette éolienne. Le package comprend l'éolienne et sa tour de 100 pieds, plus un autre 20 pieds de tour. Le propriétaire n'avait pas installé ce 20' car il paraît que la loi veut que toute construction excédant 100' de haut doit avoir un phare permanent, pour indiquer sa présence aux avions. Je me demande où ils mesurent les 100' de haut? Si la tour est installée entre deux collines, par exemple, elle ne dépassera peut-être pas les collines...Enfin, on verra en temps et lieu. Il y a également plus de 200 pieds de "#2 wire", paraît que c'est gros comme le doigt. Le panneau qui va dans la maison est également inclus. De plus, Peter nous a donné un "power sink". Il paraît qu'en temps moindrement venteux, l'éolienne peut produire beaucoup plus d'électricité qu'il n'en faut pour charger les batteries, alors il faut brûler cette électricité. Peter recommande que nous utilisions l'excès pour préchauffer notre eau chaude et il a inclus un réservoir prévu à cet effet ainsi qu'un bidule mécanique. Pas encore certaine trop-trop de ce que ce bidule vient faire. Il va nous rester à nous organiser pour aller chercher l'éolienne, la démonter, l'emmener ici et la remonter.
Ah oui, le propriétaire actuel qui était en procédures de divorce? Ils se sont réconciliés. Retour
November 8 novembre 2002
Une autre bordée de neige nous a tombés dessus cette nuit, certainement 8 cm ou plus! Je me ronge les ongles....et le frein! C'était ma journée de congé aujourd'hui et me voilà prise à la maison!!! La montée n'étant pas déblayée, impossible de me rendre au Boisé. C'est choquant. J'ai vu le camion déblayeur passer sur Cléo-Fournier vers 8:00 ce matin. Huit heures....moi qui pars à 6:15 pour le bureau d'habitude!
J'ai rappelé la ville. La préposée m'a dit que les inspecteurs iraient voir à la montée aujourd'hui, mais impossible de préciser si ce sera déblayé ou non. Je la rappellerai plus tard. Quant aux routes principales, elle m'a dit que la ville n'avait pas octroyé de contrats cette année - la ville ferait le travail elle-même. Malheureusement, la ville n'a qu'un seul camion à l'heure actuelle et il est nettement insuffisant à la tâche. Un second camion doit être livré à la mi-novembre ce qui devrait améliorer la situation. Claude m'a précisé qu'un camion doit être logé dans son garage, ce qui devrait nous permettre d'espérer que Cléo-Fournier sera ouvert rapidement le matin. On se croise les doigts! Le service était tout à fait excellent l'an passé et l'année précédente!!!
Claude m'a aussi parlé de notre braconnier, qu'il connaît. Le gars vu par David jure que ce n'est pas lui.
En fin de compte, j'ai pu travailler une couple d'heures au Boisé en après-midi....à déblayer la neige! Il y avait plus de 20cm de neige dans la maison. Ca m'a bien pris une couple d'heures. Heureusement le temps n'était pas trop froid.
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November 9 novembre 2002
Le temps s'est remis au beau. Il a fait onze degrés aujourd'hui et la neige s'est mise à fondre. Malgré un mal de tête lancinant, j'ai travaillé fort toute la journée au Boisé parce qu'ils annoncent de la pluie pour toute la journée de dimanche et lundi. Le plancher de la maison ayant refroidi un peu, la couche de glace qui recouvre le plancher repose maintenant sur une couche d'eau. Ma première tâche a donc été de briser et enlever la glace, ce qui permettra au plancher de sécher plus vite tout en étant moins glissant dans l'immédiat. Tous les billots sont détrempés et c'est facile d'éplucher les petits restants de cambium - je comprends maintenant comment un power sprayer va en venir à bout. J'avais mes doutes, car lorsqu'il est sec, le cambium n'est pas enlevable!!!
Nous avons terminé le billot commencé le 25 octobre et nous en avons soupiré d'aise... Puis David a travaillé au billot du mur sud. Il s'est rendu jusqu'au point où le sillon latéral est prêt à être évidé à l'herminette et les entailles prêtes à être terminées au ciseau, puis il est parti chasser. J'ai fait les entailles puis j'ai regardé l'heure. Il était trop tôt pour partir, mais pour faire l'herminette il faut être placé plus haut que le billot. D'habitude, David marche le long du mur. Je n'avais pas du tout envie de me promener sur un billot trempe et glissant, juché dix pieds dans les airs! Je pouvais donc partir, laissant là le travail, ou installer les échafauds pesants et encombrants toute seule. Il allait pleuvoir dimanche...et lundi...nous ne pourrons pas travailler.....j'ai installé les échafauds. Laissez-moi vous dire que des planches 2" par 6" par 12' détrempées et couvertes de slush, c'est PESANT.
J'ai travaillé avec l'herminette jusqu'à quatre heures. J'avais fait environ 20' de billot. Il y a quelques mois, j'avais de la peine à en faire 6. Il n'y a rien comme avoir une tête de cochon. Retour
November 10 novembre 2002
La pluie n'a pas commencé ce matin malgré les prédictions. David a donc pu chasser avant que la pluie ne se mette à tomber. Bernard était venu me jaser hier et m'avait annoncé l'arrivée d'un gros buck qui semblait suivre la femelle et son petit qui, depuis deux ans, habitent sur nos deux terrains. La biche semble aimer le vieux jardin, Bernard et David y retrouvent souvent ses traces.
Notre voisin Michel est venu jaser quelques minutes en fin de journée. Il s'inquiète pour le déblayage des routes cet hiver. Il va parler au maire en personne et il venait nous demander si nous serions prêts à l'épauler à la prochaine réunion du conseil, afin de faire ouvrir de chemin. David pense que l'inspecteur est bel et bien venu examiner les lieux vendredi, car il a trouvé des traces de bottes et de camion. La ville n'a pas retourné mon appel de vendredi, je vais donc me ressayer demain. Michel nous a dit qu'un autre voisin avait appelé la ville cet été pour leur demander pourquoi ils ne venaient pas gratter notre rue, l'égaliser, l'entretenir, quoi! Paraît-il que la ville lui a répondu que tant qu'on ne se plaint pas, ils supposent que tout va bien. C'est le monde à l'envers. Me semble que les gens de la municipalité, qui pour la plupart habitent dans la région, n’ont pas besoin de se faire dire qu'une route non-pavée a besoin d'être entretenue! Enfin, si c'est comme ça qu'ils veulent jouer, on verra à leur faire plaisir l'été prochain.
Bernard me disait qu'il n'avouait pas à ses collègues de bureau qu'il est chasseur. S'il le leur disait, il passerait pour un tueur assoiffé de sang. C'est vrai que la plupart des gens préfèrent regarder de haut le chasseur à l'affût qui ne cède à personne la responsabilité des derniers moments de vie de sa proie. David dit que do nos jours, la plupart des gens pensent que la viande ça pousse dans des arbres, déjà enveloppé de pellicule de plastique et bien centré sur son assiette de styrofoam! Retour
November 11 novembre 2002
Il a fait près de 20 degrés cette nuit, ce qui a dégagé la neige des routes. Il reste encore de la neige dans le sous-bois mais ça ne durera pas. La pluie annoncée pour cette nuit a commencé vers 8:00, ce qui a retardé le départ de David pour la chasse. Je suis allée le débarquer vers l'heure du dîner et je suis revenue ici avec un chargement de bois de chauffage. Il est temps, grand temps!, que nous apportions ici notre bois pour l'hiver.
Le thermomètre a chuté toute la journée; à 16:00, il ne mesurait plus que cinq degrés. Qu'importe! Entre la pluie et le temps froid, j'ai eu juste assez de temps pour planter mes bulbes de tulipes, de jacinthes et de jonquilles.
En lisant un livre de Lucy Maud Montgomery (Jane of Lantern Hill), j'ai relevé une référence à "habitant poetry". Je ne connaissais pas ça, alors je me suis dit qu'une bonne journée je fouillerais sur l'Internet. Ca manquait à ma culture! Il semblerait que William Henry Drummond, de Cobalt en Ontario, est l'expert reconnu en la matière. Cette poésie est écrite en patois, un mélange de québécois et d'anglais et porte sur des sujets tels que la vie du fermier, du pionnier, du coureur des bois. C'est comme lire le texte qui accompagnerait une oeuvre de Krieghoff. La page Web de Cobalt contenait cet exemple, mais sans indiquer le titre du poème d'où l'extrait est tiré:
"For I look on de corner over dere,
an’ see it ma birch canoe,
I look on de wall w’ere ma rifle hang
along wit’ de good snowshoe,
An ‘ev’ ry t’ing else on de worl’ I got,
safe on dis place near me.
An’ here you are too, ma brave old dog, wit’
your nose up agen ma knee.
An’ here we be stay t’roo de summer day,
w’en ev’ry ting’s warm an’ bright
On winter too w’en de stormy win’
blow lak she blow to-night
Let dem stay on de city, on great beeg house,
dem feller dat’s be riche man
For we’re happy an’ satisfy here, mon chien,
on our own leetle small cabane."
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November 12 novembre 2002
Peut=être que cette pluie fera fondre la neige?Retour
November 13 novembre 2002
J'ai eu plusieurs communications avec la municipalité aujourd'hui, dont une avec la maire. La montée ne sera pas déblayée cet hiver. Il semblerait que la loi municipale leur permet de choisir de ne pas déblayer tout chemin où il n'y a pas de résidents en permanence. Donc, la montée sera déblayée jusqu'au dernier poteau d'électricité, pas plus loin. Ce poteau est à 2 km du Boisé. J'ai vérifié avec les anciens propriétaires: la route a toujours été déneigée pendant les 20 ans qu'ils ont possédé le Boisé. Avec un tel historique d'excellent service, il m'aurait semblé à propos que la municipalité nous avertisse d'avance par écrit de ses intentions. Quand ça fait vingt ans qu'on offre un service et qu'on décide de l'omettre, il faut s'attendre à ce que ça représente un inconvénient pour certains particuliers: n'est-il pas convenable de leur donner la chance de faire valoir leur opinion, ou encore de faire d'autres arrangements? Franchement, ce manque de communication est le glaçage sur le gâteau de mensonges qu'ils ont voulu me faire avaler. Le maire a son propre programme secret: il pousse très fort pour qu'une aréna soit construite dans la municipalité. Une arène! Y a-t-il une arène quelque part au Canada qui ne soit pas toujours dans le rouge? Pourquoi une arène municipale, alors que chacune des paroisses entretient une (ou des!) patinoire extérieure qui ne coûte rien et qui fait valoir l'exercice au plein-air... On sait bien que l'air des arènes est bourré de fumée de cigarettes et des produits chimiques requis pour entretenir la glace et le froid artificiel. Si au moins il fermait ma montée pour faire quelque chose de raisonnable avec cet argent!!!!
Pour ajouter l'insulte à l'injure, le maire m'a informée que même lorsque j'habiterais la montée, la municipalité n'était pas obligée de déneiger la montée. En quel honneur? Il paraît que s'il y a une seule habitation sur un tronçon de route, ils peuvent nous payer un loyer ailleurs ainsi que nos frais de déménagement pour la durée de l'hiver!!! Non mais, ça va pas?!?!? J'ai-tu l'air de quelqu'un qui a quitté la ville pour venir habiter en ville à Masham, gagnant ainsi 55 minutes de voyagement matin et soir?!?!? Voyons donc! Retour
November 14 novembre 2002
J'ai vu le spécialiste aujourd'hui et l'année va se terminer comme elle a commencé: sous le couteau du chirurgien. A la fin de janvier, j'ai été opérée aux yeux et j'étais au repos pendant le mois de février. Le 10 décembre, on va répéter l'intervention et je serai au repos jusqu'au 10 janvier. L'intervention n'est pas particulièrement pénible et puisqu'elle aura lieu deux semaines avant les Fêtes, je ne pourrai pas compter sur mon oeil au beurre noir pour initier des conversations!
Annick m'avait raconté qu'un de ses clientes avait crié pendant l'ajustement des points de suture. Je recule en arrière un peu: 24 heures après l'intervention, on doit retourner à l'hôpital pour un ajustement des points de suture qui sont restés exposés. Le chirurgien tire un peu à droite et à gauche de façon à placer l'oeil exactement où il le veut, puis il noue les sutures en définitive. C'est une sensation assez bizarre c'est vrai. Mais je m'imagine difficilement crier en publique. Faudrait que ça fasse énormément mal. Pas seulement pour mon amour-propre à moi: j'ai l'honneur d'Annick à protéger! Faudrait pas que les autres médecins et infirmières se moquent d'elle et de son amie moumoune! ;-)
La pluie continue, mais la neige n'est toujours pas partie.Retour
November 15 novembre 2002
Nous sommes gâtés: de la neige ET de la pluie. Retour
November 17 novembre 2002
La saison de la chasse se termine aujourd'hui avec trente centimètres de neige et la possibilité d'une pluie verglaçante par-dessus le marché! Il a neigé hier, en plus. Les routes ne sont pas sécuritaires et la montée Beausoleil ne sera pas déblayée, donc David a dû se résigner à perdre cette dernière journée de chasse. Nous avons dû nous rendre au Boisé pour aller chercher la remorque à Gaston, au cas où cette neige s'avérerait permanente. Frédéric aura besoin de sa remorque pour son déménagement dans deux semaines. Nous sommes arrivés au Boisé avant 8:00. C'est drôle: nous avons travaillé tout l'été au Boisé et je n'ai jamais réussi, avant aujourd'hui, à convaincre David d'y arriver si tôt!
Dans le temps de le dire, nous avons mis de l'ordre dans le campeur et nous avons ramassé les articles de chasse à David. Nous avons rempli la lampe de kérosène et la lampe Coleman de gaz. Nous avons laissé de la nourriture non-périssable (une boîte de Kraft Dinner avec une enveloppe de SAUCE au fromage, pas l'enveloppe de POUDRE au fromage traditionnelle. C'est un peu moche, mais si on meurt de faim c'est mangeable) et des couvertures. Je dois avouer qu'on est déçus. La saison de construction est probablement terminée.
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November 18 novembre 2002
Encore de la neige ET de la pluie. Que demander de plus?Retour
November 19 novembre 2002
L'autre jour, Frédéric est resté à souper et nous avons parlé de viande. Il y a longtemps que je dis à David que nous devrions acheter un boeuf (j'entends, un boeuf mort de découpé!) chez Les. Les élève ses bêtes dans de grands pâturages où elles se promènent à volonté; elles ont accès à une rivière, elles sont confortables. Les les change de pâturage en temps et lieu. Ils vivent une "bonne vie à la mode d'antan". Personnellement, je trouve ça rassurant. Pourquoi? Ca revient à ma croyance qu'on a rien pour rien. C'est sans doute commode d'élever une foule de boeufs dans une cour exiguë, de les nourrir au grain additionné de protéines et de gras animal, de leur donner des antibiotiques pour prévenir les maladies et de les injecter aux hormones pour qu'ils grossissent plus vite. C'est sans doute très commode et plus lucratif. Mais sans faire de recherches poussées, mon instinct me dicte qu'on a rien pour rien: ce "commode" doit se payer. Comment? Je ne saurais trop quoi répondre; néanmoins, j'ai cette certitude. Tout ça, sans faire référence au bien être "psychologique" de l'animal et à notre responsabilité "morale" envers lui...ça c'est une autre histoire. Regardons nos "producteurs de boeuf". Ils ont acheté des machines pour nourrir leurs animaux, mais il faut que les animaux restent dans une espace restreint pour se nourrir. Ca ne semblait pas nuire aux boeufs, d'être élevés en foule; mais ils ont commencé à être malades, parce qu'ils vivent dans leurs excréments, la maladie se propage vite et on doit leurs donner des antibiotiques de façon routinière. Pour rentabiliser leurs machines, ils se sont spécialisés dans une seule sorte d'animal, ils sont donc particulièrement atteints par les fluctuations du marché et une maladie peut les détruire. Pour payer leurs machines, il faut produire beaucoup de boeuf, donc on les engraisse vite en leur donnant protéines et hormones. Les protéines animales, ça semblait une bonne idée, jusqu'à ce qu'apparaisse la maladie de la vache folle... Une vache, ça ne choisit pas de manger de la viande. Quand on coupe les coins ronds, quand on lui en fait manger pour l'engraisser plus vite, on paie quelque part.
La raison pour laquelle nous avons commencé à parler de cela, c'est parce que l'émission MarketPlace avait justement parlé du contraste entre la viande d'un boeuf élevé ne basse-cour et la viande du boeuf élevé en pâturage. En peu de mots, ils ont trouvé que le boeuf de basse-cour était plus tendre, la viande avait plus de rainures. Par contre, le boeuf de pâturage était plus savoureux et contenait 70% moins de gras. Je vous laisse lire l'article vous-même ou encore l'écouter sur l'Internet. Alors quand on élève un boeuf dans une cour, on paie avec notre santé à nous? Hmmm...
En ce qui concerne notre responsabilité envers les animaux à chair... il me semble que nous leur devons une vie confortable et saine parce qu'ils mourront pour nous nourrir. On me dira peut-être que ce n'est pas une raison pour donner aux animaux à chair une vie "confortable". Ils ne sont pas "conscients", me dira-t-on, ils ne réalisent pas qu'ils sont malheureux, ou plutôt ils ne sont pas malheureux puisqu'ils ne sont pas conscients. Une vache est-elle heureuse, joyeuse, de mauvaise humeur??? Je n'en sais rien, je ne connais pas ça, les vaches. Ce que je sais, c'est qu'à un moment donné dans notre histoire, il y avait beaucoup de gens qui disaient que les Noirs étaient des animaux, qu'ils n'avaient pas de sentiments, pas de dieu, pas d'intelligence. Nous ne pensons plus cela, plus du tout! Leur intelligence, leur humanité a été établie et personne ne questionne ça. L'intelligence du dauphin, du gorille, du chimpanzé, tous ont été ridiculisés puis acceptés comme vérité. "All truth passes through three stages. First, it is ridiculed. Second, it is violently opposed. Third, it is accepted as being self-evident." (Arthur Schopenhauer, 1788-1860). A l'heure actuelle, des recherches montrent que plusieurs animaux, dont les chiens, ont des émotions. A quand les vaches? Quand les Noirs étaient considérés des animaux par les Blancs, j'imagine qu'il y avait des gens qui leur donnaient le bénéfice du doute. Des gens qui les traitaient avec respect, malgré le ridicule de leurs semblables, parce que "It's the right thing to do". L'histoire leur a donné raison. J'aurais voulu être de ceux-là, si j'avais vécu en ces temps-là. Je trouve que nos animaux à chair, même s'il devront mourir pour nous nourrir, peut-être PARCE QUE ils devront mourir pour nous nourrir, méritent d'être traités avec compassion et respect.
Encore un mélange de neige et de pluie. Qu'est-ce qui se passe ce mois-ci?!?!?Retour
November 20 novembre 2002
Une petite pluie fine dans un brouillard épais: peut-être est-ce le début de la fin de ces précipitations interminables?Retour
November 21 novembre 2002
PluieRetour
November 22 novembre 2002
Pluie, Neige, brouillard maintenant! Des frites avec ça?Retour
November 23 novembre 2002
Une autre bordée de neige. Retour
November 24 novembre 2002
Le retour de la pluie, suivie de neige (encore!)Retour
November 25 novembre 2002
Neige
Je pensais à ça l'autre jour: je me demande si on pourrait comparer la chasse au chevreuil avec une contravention pour excès de vitesse? Je m'explique. Souvent, on pense que le chevreuil est conscient de la présence du chasseur, qu'il sent la mort s'approcher à pas de loups. On pense que le chevreuil réalise que la mort s'en vient, peu importe tous ses efforts pour y échapper. Le chasseur est la "force supérieure": sauf chance inouïe, le chevreuil se fera prendre. Laissons ça un moment et pensons à notre conducteur au volant de son bolide. La plupart du temps, notre conducteur est conscient qu'il doit faire attention aux accès de vitesse: des fois, il y a des policiers cachés... Notre conducteur prend de l'expérience avec le temps et vient à reconnaître la présence de policiers à certains signes: les policiers sont plus fréquents les jours fériés, on les voit plus souvent sur certaines routes ou à certaines heures, les autre conducteurs conduisent différemment quand un policier est là... Mais vient inévitablement le jour où notre conducteur a la tête ailleurs, il dépasse la limite sans vraiment s'en rendre compte et vlan! tout à coup il est pincé, les lumières de police brillent dans sa lunette arrière. Contravention.
N'est-il pas possible que quelque chose de semblable arrive au chevreuil? Pas tout le temps, sans doute, mais une bonne proportion du temps peut-être. Dans un bon écosystème, il y a beaucoup plus de proies que de prédateurs. Logiquement, un chevreuil doit passer des jours voire même des semaines sans avoir à se forcer beaucoup pour déjouer un prédateur. Peut-être que fatalement, un jour où le chevreuil n'est pas particulièrement vigilant, l'attaque survient de nulle part et le prend par surprise. Comme notre policier. Retour
November 26 novembre 2002
NeigeRetour
November 28 novembre 2002
NeigeRetour
November 29 novembre 2002
Neige et pluieRetour
November 30 novembre 2002
Pluie et neige.Retour